2Dark – Au plus profond de la noirceur mentale

Jean-Luc Augere Critiques, Critiques Nouveau - Microsoft, Critiques Nouveau - PC, Critiques Nouveau - Playstation 0 Comments

Développé par Gloomywood
Publié par Bigben Interactive en mars 2017
Disponible sur PC, Xbox One et PS4
ESRB Adulte seulement



Descriptif

2Dark… en effet ce jeu est bien trop sombre.

Créé par rien de moins que Frédérick Raynal, qui berça l’enfance de certains trentenaire avec des titres révolutionnaires comme Alone in the dark premier du nom, qui posa les bases du Survival Horror 3D et enchanteur comme Little Big Adventure, 2Dark remet au goût du jour le vrai survival horror en mettant l’accent sur l’ambiance et en mettant l’action au second plan.

Originale aussi la technique artistique utilisée pour ce genre, appelée Voxel. Cela ne vous dit rien? Et si je vous dis Minecraft. Ce choix technique et artistique permet de diluer un petit peu toute la monstruosité de la thématique, un tout petit peu car en y jouant on comprend que cette expérience soit réservée aux adultes.

Exemple de grahismes en Voxel

Ce titre indépendant nous ravive les terrifiantes sensations de peur et d’horreur en abordant les thèmes sensibles des tueurs en série et de séquestration d’enfants de façon non feutrée, sans aucun filtres à l’horreur et au sang.

Histoire

L’aventure se déroule à Gloomywood , cité célèbre au début du XIXe siècle pour le commerce du bois qui y était très prospère. En effet, les capitaines qui y faisaient escale remplissaient les cales de leur navire pour acheminer cette matière première très en vogue en ces temps de fortune.

Mais le commerce du bois ne dura qu’un temps et bientôt la bonne fortune quitta Gloomywood city, alors que la Grande Guerre frappa à ses portes. Le conflit terminé, la ville se repeupla peu à peu et se dota d’une université en médecine qui ne tarda pas à devenir une référence dans le domaine de la psychopathologie clinique, en clair de brillant cerveaux s’intéressant aux méandres de l’âme humaine.

C’est dans le département de la criminologie et analyse comportementale que le drame survint…

Notre héros , le détective Smith, fut chargé d’enquêter sur le meurtre de trois étudiantes dans ce département dont les corps furent retrouvés mutilés durant l’été 1969.

L’enquête piétinant et les disparitions d’enfant se multipliant, le détective Smith ne savait plus où donner de la tête et fut frappé par le mal qui tua sa femme et kidnappa ses deux enfants.

Notre protagoniste fut déchargé de l’affaire lorsque dans le même temps les atrocités cessèrent. Il sombra dans la dépression la plus profonde jusqu’au jour où, sept années plus tard, les enlèvements recommencèrent… notre détective reprit son enquête là où il l’avait laissé avec toujours l’espoir de retrouver ses enfants disparus.

Objectifs

Principaux :

  • Retrouver tous les enfants
  • Ramasser les indices vitaux à l’enquête

Secondaires :

  • Ramasser tous les bonbons
  • Réunir tous les indices
  • Ne faire aucune victime direct (on peut tuer les Serials Killers ou provoquer des situations qui tuent [exemple: ouvrir une cage aux tigres qui vont tuer les ennemis du niveau])

Structure

Ce jeu d’horreur / aventure / infiltration est réparti sur six niveaux se situant dans des lieux tous aussi sinistres les uns que les autres (hôpital sordide, parc d’attractions ou orphelinat abandonnés, décharge de véhicules etc… )  et d’un « Hub »(maison de Smith)  où notre héros ira entre chacune d’eux pour étudier les indices collectés et trouver une nouvelle piste à suivre.

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Cette expérience vous tiendra en haleine 10-15h dépendamment de votre dextérité et de votre niveau de complétion, car finir tous les tableaux sans tuer personne directement sera vraiment ardu et demandera du « Die and Retry » assez poussif. Pour ma part, j’ai tué tout le monde qui me gênait, et même si les munitions étaient très rares afin de renforcer la composante infiltration, je n’hésitais pas à avoir recours au katana, batte de baseball ou autres objets contondants trouvés sur mon chemin ou ramassés sur les cadavres encore chauds.

Le Sound Design, de très bonne facture, est très immersif (rien d’étonnant avec Monsieur Raynal à la barre) et chaque niveau possède son identité musicale propre.

Petite note négative pour les hurlements des enfants qui agacent à force… ou c’est peut être juste moi qui déteste les cris des marmots… vous savez, cette douce sensation quand vous êtes bloqué dans un transport publique et qu’un lambin décide de hurler de tous ces poumons car il a faim, soif, envie d’aller au petit coin et que les parents, trop habitués, le laisse s’exprimer de toute sa peine… la même :-).

Extrait cri d’enfant :

Extrait de l’OST :

Gameplay

2Dark, le titre a vraiment été bien trouvé et très original d’associer un chiffre à un mot pour former un nouveau sens qui prend tout son sens dans cette expérience. Tout est noir ici, les thèmes abordés, l’obscurité ambiante ainsi que l’âme des gens que vous rencontrerez.

Mais rentrons dans le vif du sujet.

Nous avons affaire à un jeu d’aventure Survival Horror avec une forte composante d’infiltration. Bien que le jeu puisse se terminer entièrement sans utiliser cette composante-là, vous devrez y remédier pour vous faciliter la progression et pour obtenir le maximum d’étoiles de chaque niveau. On sent nettement une inspiration du très jouissif Hotline Miami de chez Dennaton Games qui pour sa part récompense les deux gameplay. Dans 2Dark, toute la profondeur du gameplay que nous a mijotée les gars du studio Gloomywood sera révélée en usant qu’avec parcimonie de la violence, mais elle peut être nécessaire au premier abord et bien satisfaisante.

 

Ondes sonores, obscurité et pattern des patrouilles ennemies: voila les trois ingrédients piliers qui font de cette aventure une expérience inoubliable et qui sont utilisés avec brio. Vous commencez chaque mission équipé de seulement une lampe poche avec batterie limitée, un paquet de cigarettes avec son zippo et un revolver à 5 coups (même pas 6 coups Fred, d’où tu as vu que ça existait un flingue à 5 coups, c’est vraiment pour nous embêter rrrr…) qui vous permettra de tuer un seul ennemi (3 balles nécessaires pour tuer chaque IA). Le gameplay de tir est très simple et ne vous demandera simplement que de viser en direction de la cible, le ciblage se faisant automatiquement… ouf, car avec une camera isométrique bonjour la galère si le choix du design avait été différent.

L’obscurité… comme son nom l’indique ce jeu est trop sombre, beaucoup trop sombre et vous serez amené à éclairer votre route à l’aide de 4 sources lumineuses différentes:

  • le zippo ne demandant aucune recharge, mais éclairant vraiment trop faiblement
  • la bougie qui a une durée de vie limitée et éclairant un peu mieux, mais pas encore terrible et ne se rechargeant pas
  • la lampe à huile dégageant une aura lumineuse tout autour de votre avatar et demandant de l’huile pour être recharger
  • la lampe torche dégageant une traînée lumineuse devant vous et demandant des piles pour être recharger

 

L’endurance de lumière de ces objets est vraiment faible et vous mettra tout le temps dans la peur de tomber dans le noir total. Si cela arrive, il vous restera votre briquet et alors là bon courage pour finir un niveau dans ces conditions… impossible, à moins de connaître celui-ci avec ces pièges au sol en pagaille sur le bout des doigts.

 

 

Qui dit jeu d’aventure dit inventaire. Celui-ci étant sans limite d’espace, il pourra quelque fois s’avérer un peu délicat à maîtriser. Les énigmes sont assez simples et on ne se verra pas tergiverser pendant des heures sur tel ou tel objet à faire interagir entre eux pour débloquer une situation. Ce que j’ai apprécié c’est qu’il y a une multitude de possibilités offertes au joueur pour résoudre un problème/situation et on se plaît à essayer de découvrir celles que les développeurs n’ont pas prévues. Rien n’est enseigné au joueur, il doit découvrir tout par lui-même. Lors du tutoriel, les pistes se limitent à du texte s’affichant en haut de l’écran indiquant au joueur les interactions possibles ou les possibilités qui s’offrent à lui.

Écoutez: j’ai passé toute l’aventure en ne découvrant certaines mécanique de gameplay qu’en me renseignant pour cet article.

Exemple: pour sauvegarder dans cet aventure il vous faut associer le paquet de cigarette avec le zippo, ce qui va faire fumer votre avatar. Pendant tout ce temps d’ailleurs, vous êtes à la merci de n’importe quel ennemi, car la lumière du mégot vous éclaire et vous êtes immobile pendant une période qui est loin d’être négligeable. Mais si vous sauvegardez trop souvent en de très courtes périodes de temps, votre avatar se met à tousser dégageant une onde sonore qui peut alerter les individus alentours. Les bonbons aussi, qui, du dire des développeurs, sont l’objet le plus utile du jeu. Pour ma part, je ne m’en suis jamais servi, car ne comprenant pas leur intérêt jusqu’à que leur utilisation soit rendu obligatoire pour vous débloquer d’une mort atroce entre les griffes de lions affamés.

À part quelques situations très rares où il n’existe qu’une solution et une seule, toutes les autres pourront être résolues de multiples manières, ce qui est fort appréciable. C’est une découverte à chaque instant et vous rencontrerez la mort à travers beaucoup de recoins de lieux explorés, mais ne vous frustrez pas, le dénouement de votre enquête est à ce prix.

 

Avis

Un très bon jeu indépendant de par son gameplay « Dual Stick » facile de prise en main malgré une gestion d’inventaire parfois périlleuse, une réalisation de très bonne facture et une histoire digne d’un thriller aussi noir que les limbes de vos cauchemars.

On regrettera malgré tout que l’histoire soit narrée pour une majeur partie par des textes narratifs superposés aux écran de chargements de niveaux (Une petite vidéo ou des « Artbooks » mise en scène aurait été la bienvenue vu ce que l’on nous a montré durant la phase de promotion) et par des collectibles que vous ramasserez au fur et à mesure et dont certains seront obligatoires pour valider la mission.

Cela ne sera pas rare, une fois tous les enfants sauvés, que vous devrez retourner parcourir les lieux afin de ramasser ceux qui vous manquent pour continuer votre enquête. Malgré tout la réalisation artistique de ceux-là est une vraie satisfaction à découvrir.

Points positifs :

  • Histoire « 2dark »
  • Nombreuses possibilités de résolution
  • Gestion de la lumière/ombre
  • Composante infiltration
  • Agréable aussi bien clavier/souris qu’au Gamepad

Points négatifs :

  • Fonctionnement de l’inventaire
  • 6 niveaux, un peu court en contenu même si il y a une ré-jouabilité certaine
  • Quelques bug de comportement de l’IA

 



Fun fact: les développeurs ont fait figurer les noms des personnes ayant participé à la campagne de financement via ULULE dans des  registres dissimulés ça et là dans les niveaux.

 

 


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