Critique – Dragon’s Lair

Simon Lahaye Critiques, Critiques Rétro, Critiques Rétro - ColecoVision 1 Comment

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Dragon’s Lair est surtout connu comme étant le jeu d’arcade sur support Laserdisc qui s’est mérité le plus de popularité. Dragon’s Lair a été adapté pour un éventail relativement impressionnant de plateformes : du Amstrad CPC au Blu-ray, du Commodore au jeu de plateau. La version qui a marqué ma jeunesse est celle du Coleco Adam. Dans ce temps-là, les jeux qui roulaient avec le « tape à cassettes » du Coleco, c’était « hot »! Pour l’époque, c’était un jeu qui se distinguait de par sa qualité de production. Chose unique pour le temps: le jeu avait un boss et une fin! Quelle fierté quand à 6 ans, j’ai tué le dragon pour la première fois!

 

Le Adam

Le Coleco Adam se voulait la réponse de Coleco au marché naissant des ordinateurs personnels. Même le nom annonçait les intentions de Coleco, pensez à Adam qui croque une pomme…

Le Adam était disponible en version « standalone » ou en tant qu’expansion pour la console de salon Colecovision. C’était un projet pour le moins ambitieux. Un module d’expansion CD-ROM a même été en développement pour la Colecovision, 2 millions de dollars auraient été versés à Cinematronics pour les droits de licence de Dragon’s Lair! Le module CD-ROM ne finit par être qu’un autre « vaporware ». Au lieu d’une conversion de la version originale, le Adam allait avoir une version « inspirée » du jeu d’arcade, sur format cassette (le Digital Data Pack). Le Adam, ainsi que cette version du jeu, firent fiasco et annonçaient en quelque sorte le krach du jeu vidéo de 1983. Malgré tout, avec du recul, force est de constater que ce fut une belle réalisation artistique et une prouesse technologique en avance sur son temps. Pourrait-on dire un titre AAA pour la Colecovision / Adam?

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 Première vue

Développé et publié par Coleco, son prix de vente à la sortie était de… 45 $. Dragon’s Lair au Adam se voulait un produit de première qualité. Le boîtier grand format et le livret d’instructions étaient superbes. Le jeu en tant que tel est aussi super beau. Les tableaux sont colorés, les « sprites » sont larges et la trame sonore est une coche ou deux au-dessus de ce qui se faisait à l’époque. La musique de l’écran titre me fait encore de l’effet! En termes de qualité, le produit final se rapproche d’un jeu des débuts du Sega Master System.

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Trame narrative

Dans un royaume paisible et prospère, la princesse Daphne fait la fierté de son père le roi Aethelred et est admirée de tous pour sa grâce et sa beauté. Un jour, le méchant dragon « Singe » enlève la princesse et l’enferme dans une sphère de crystal au fond de son château maléfique. Singe envoie une lettre de rançon au roi : « Cède-moi le contrôle de ton royaume avant le coucher du soleil ou dis adieu à ta fille. » Le roi y répond en envoyant « Dirk », son plus brave chevalier. En passant, Google traduction m’informe que « singe » en anglais signifie « légère brûlure » en français.

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Gameplay

Dragon’s Lair au Coleco Adam est à la fois fidèle et différent du jeu d’arcade. La moitié des tableaux sont du type dessin animé interactif ou « quicktime event » (QTE), où il faut réagir aux dangers de la façon appropriée. Ici, seules cinq actions sont possibles : haut, bas, gauche, droite ou épée (bouton de droite). Tout comme dans les jeux en « full motion video », il s’agit de regarder une cinématique où il faut appuyer sur le bouton au bon moment afin de pouvoir poursuivre le visionnement. Le manuel conseille d’ailleurs de porter attention à des flashes qui apparaissent et servent d’indices. En effet, après quelques échecs au même endroit, la frustration s’impose. Heureusement, le jeu offre des indices sous forme de taches d’encre au sol qui clignotent brièvement avant l’apparition d’un danger. Après plusieurs essais et erreurs, je parviens facilement à mémoriser la séquence à la perfection. Voilà une mécanique de jeu qui était fraîche et nouvelle pour l’époque mais qui est encore utilisée dans des titres plus modernes et qui n’a pas tant évoluée. La prochaine fois que vous sacrez lors d’une séquence en QTE dans Resident Evil ou God of War, ayez donc une pensée douce pour Dragon’s Lair!

Le jeu comporte trois écrans en QTE. Le corridor, la salle d’armes et la salle des lianes.

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Là où la version Adam se distingue, c’est dans l’autre moitié des tableaux. Chacun de ces écrans propose un gameplay différent qui s’apparente plus à un jeu d’action en vue isométrique ou encore à un jeu de plateforme en 2D. Quand on se rappelle que la fine pointe du jeu de plateforme pour l’époque était « Pitfall » et « Jungle Hunt » ou encore « Congo Bongo », nous avons affaire à quelque chose d’assez solide. C’est grâce à ces tableaux que la version Adam offre plus de gameplay que la version arcade!

 

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L’écran de la rondelle en chute libre est le premier tableau. Il revient aussi juste avant la salle de l’échiquier. Au Moyen Âge, je ne sais pas comment les ascenseurs montaient, mais ils descendaient très rapidement! Un radeau de bois circulaire est en chute libre. Un nuage te souffle dessus pour te faire tomber. Toi, tu dois rester dessus en attendant d’atteindre ton étage. Quand la porte de ce dernier apparaît, le plateau s’immobilise et reste suspendu comme par magie. Tu n’as que quelques instants pour t’y diriger. Le jeu t’offre quatre ou cinq chances, après ça, le jeu te montre une petite séquence à la Will E. Coyotte où on voit la rondelle s’écraser au fond du ravin.

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À chaque vie perdue, peu importe où l’on se trouve, le jeu nous montre l’une de ses séquences les plus mémorables. Il s’agit de Dirk qui se décompose en squelette pour ensuite se regénérer et regarder autour de lui sans comprendre. Cette séquence est bien réussie et m’a donné des mauvais rêves à l’époque…

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L’écran du plancher de feu est le troisième tableau. Il faut sauter de plateforme en plateforme et de corde en corde pour atteindre la porte du haut. Il y a trois étages et le feu monte d’étage en même temps que tu montes. Des flammes s’échappent parfois du brasier, causant des « cheap deaths » pendant que tu changes de corde!

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L’écran de plateformes de glace

Il faut atteindre la sortie dans le coin. Il faut bien enligner ses sauts au-dessus des craques dans la glace et aussi éliminer les petits monstres avec des coups d’épée. À chaque saut réussi, les morceaux de la banquise disparaissent en arrière.

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L’échiquier de sang

Le pré-boss! Le chevalier noir se téléporte d’un endroit à l’autre sur un échiquier. Il a le pouvoir de rendre mortel l’échiquier, une ligne à la fois, en lui donnant une couleur rouge sang. Le chevalier devient aussi alors brièvement de couleur verte. C’est le moment où il est vulnérable. Enfin, il laisse un carré rouge et réapparaît ailleurs sur l’échiquier. Une fois qu’on l’a eu d’un coup d’épée bien placé, il faut évacuer au plus vite parce que le plancher se remplit de rouge.

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L’antre du dragon

Le boss final est mon écran préféré du jeu. La princesse est au haut de l’écran. Un chemin sinueux mène à une épée. Une barrière de ronces bloque le chemin jusqu’à l’épée. Le dragon te vise aussi avec ses boules de feu. Il faut se coller sur les ronces juste assez longtemps pour que le feu du dragon les brûle. On peut aussi se cacher derrière les roches, mais elles ne résistent qu’à deux ou trois boules de feu. Une fois qu’on atteint l’épée, il faut se rendre jusqu’à la petite plateforme. Dirk saute sur le Dragon et lui enfonce l’épée dans le flanc. Le Dragon s’effondre dans un gros boum.

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Bravo, la princesse est sauvée! Mais, le dragon entrouvre un œil qui scintille d’un éclat malveillant. Aussi, n’oublions pas que nous sommes en 1983: pas de générique de fin, ni d’écran « game over ». Le jeu reprend au premier tableau mais à un niveau de difficulté supérieur!

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Conclusion

Dragon’s Lair a coûté très cher et s’est avéré être un jeu pas si mal dont peu de gens se souviennent. C’est un peu comme le Waterworld de la Colecovision / Adam. Pour ceux et celles qui souhaitent y jouer aujourd’hui, il est possible de trouver le jeu en ligne, sans manuel ni boîtier, pour environ 20 $. Un Adam fonctionnel est plus difficile à dénicher… Mais une nouvelle toute récente m’a rempli de joie: en 2013, Team Pixelboy a adapté le jeu en version compatible avec le Super Game Module. Du vrai travail de maître!

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  • Lucide48

    Excellent article, bien documenté, qui m’a rappellé d’excellents souvenirs. J’ai vécu l’excitation de la sortie de ce jeu au début des années 80, qui repoussait les limites du jeu vidéo pour ce temps.Je me rappelle bien sûr, le niveau de difficulté élevé du jeu, mais surtout l’émerveillement des joueurs dans les salles d’arcade devant la beauté des images pour l’époque. Et quand les gamers d’alors apprirent qu’il serait possible d’y jouer à domicile dans une version très rapprochée de la version arcade, sans avoir à y investir des tonnes de 25 sous, c’était le bonheur total. Ce jeu fut un jeu précurseur, pionnier. Je crois qu’il est possible de se le procurer aujourd’hui en téléchargement sur PS3, Xbox 360 et Nintendo 3DS et Dsi.