Jouer avec vous, un vrai cauchemar.

Charlène Leblanc Blogue 0 Comments

Il vous est surement déjà arrivé de « gamer » avec un ami qui rend l’expérience du jeu horrible par sa lenteur épouvantable. Cet ami en question, doit visiter chaque petits racoins de la carte, fouiller tous les corps au cas où il y aurait un item rare de caché à l’intérieur, ramasser chaque plantes et objets, accomplir toutes les missions, collectionner tout ce qui se collectionne, j’en passe, mais le PIRE de tout : il lit les dialogues au complet!!! Si vous l’observez bien, vous pourrez même le surprendre à prendre des notes pour ne pas oublier de revenir à un endroit en particulier quand il aura le temps. Cette personne n’en fera qu’à sa tête, même si vous essayer d’aller vite, vous ne réussirez pas à la ralentir parce que laisser quelque chose derrière la rendra folle tout simplement.

 

Attendez un peu….

 

Il vous est surement déjà arrivé de « gamer » avec un ami qui rend l’expérience du jeu horrible par sa manière de toujours vouloir aller le plus vite possible. Cette personne passe à côté de tout, ne ramasse rien, ne regarde même pas autour d’elle, n’a rien à faire des cinématiques et le pire d’entre tous : elle s’empresse de passer les dialogues!!! À chaque fois que vous voulez vous arrêter pour regarder quelque chose, elle soupire avec toute l’exaspération du monde et vous dit « laisse faire ça là-bas y’a rien, je suis déjà allé une fois y’avait rien », MAIS SI CETTE FOIS IL Y AVAIT QUELQUE CHOSE ET QUE JE NE PEUX PAS LE DÉCOUVRIR PARCE QUE TU M’EN EMPÊCHE. C’est tragique, tout simplement.

 

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C’est vrai que peu importe lequel des deux types de joueurs vous êtes, ça peut devenir irritant pour la personne qui vous accompagne. Bien entendu, il existe plusieurs types de « gamers », j’ai présenté ici les deux extrêmes, vous vous situez probablement quelque part là-dedans! L’explorateur aguerri rendra fou le joueur qui aime passer du point A au point B en ligne droite, « pas de niaisage ». Au même titre, le pressé peut aisément rendre fou celui qui profite de chaque petites parcelles du jeu. Croyez-moi je sais ce que c’est que de vouloir tout découvrir, d’avoir peur de rater un élément caché, de passer à côté d’un objet rare, etc. Saviez-vous qu’il s’agit d’un réel problème connu dans le monde des jeux vidéo? C’est un trouble obsessionnel compulsif (Toc). « Le trouble obsessionnel-compulsif est une maladie psychologique qui se manifeste par des obsessions et des compulsions (comportements/rituels). Les obsessions sont des pensées ou des images mentales qui surgissent à répétition et qui sont difficiles à chasser de l’esprit. Les obsessions peuvent générer beaucoup de détresse, de peur, de malaises et/ou de dégoût. » Plusieurs joueurs en souffrent, il suffit de regarder votre entourage et vous reconnaitrez certainement quelques personnes parmi eux qui ont le Toc des gamers!

 

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Rassurez-vous, ce n’est rien de bien grave. Toutefois, le trouble est parfois si envahissant chez certains individus qu’ils préfèreront ne pas jouer à certains types de jeux, sachant qu’ils ne pourront jamais venir à bout de compléter tout à 100% (cette idée les obsède), ceux-ci n’auront même pas de plaisir à jouer à cause des éléments qu’ils ne seront pas en mesure de contrôler (dégoût). Le jeu deviendra une sorte de fardeau; une job à temps plein qui exige du temps et qui cause un mécontentement. Parlez-en aux gens qui jouent à des MMORPG, à un certain stade la plupart d’entre eux ont besoin d’une pause du monde virtuel, car l’expérience devient vraiment désagréable. J’ai moi-même vécu une expérience du genre. J’ai passé des semaines et des semaines à faire le même « raid », me rendre jusqu’au dernier « boss » et « wiper » à répétition, je me souviens parfaitement qu’avant d’enfin prendre la décision de quitter le jeu pour un moment, j’étais épuisée d’y jouer, de devoir me connecter à l’heure et d’être présente. Jouer était devenu aussi inintéressant qu’un cours théorique de trois heures à 8 :30 le matin. Pourtant j’y jouais quand même par peur de rater le moment où on aurait la peau de ce sacré Heroic Deathwing… Certains d’entre vous se reconnaitront certainement dans ce type de comportement. Il ne faut pas oublié que ce n’est qu’un jeu et que lorsque le plaisir d’y jouer disparait, il faut tout simplement arrêter! Généralement, les gens peuvent se sortir de cette impasse sans trop de difficulté, mais dans les cas plus extrêmes du Toc, l’aide d’un psychologue peut devenir nécessaire.

 

Comment savoir si vous souffrez d’un Toc? J’ai énuméré ci-dessous quelques comportements que l’on reconnaît chez les « gamers » ayant un Toc. La liste n’est pas exhaustive et le niveau du Toc est variable d’un individu à l’autre, mais si vous vous reconnaissez dans quelques-uns de ces symptômes, il faudrait peut-être commencer à apprendre à apprécier les jeux sans vous mettre dans un tel état!

 

Quelques symptômes du Toc.
• Le besoin de tout explorer; les moindres petites grottes de la forêt, ouvrir toutes les portes des maisons du village, etc.
• Retourner plusieurs fois aux mêmes endroits, juste pour être totalement certain qu’il n’y a pas quelque chose de nouveau, quelque chose que l’on n’avait pas vu la première fois.
• Avoir des routines dans le jeu.
• Avoir des sentiments négatifs tels que l’anxiété/la peur d’oublier quelque chose, de passer à côté de quelque chose. Par exemple, lorsque je ne pouvais pas être présente à un « raid », ça m’est arrivé souvent de ne pas me sentir bien durant la soirée, j’étais hantée par l’idée que l’item que je voulais pouvait tomber entre les mains de quelqu’un d’autre et ça devenait lourd pour moi d’avoir du plaisir et de profiter de ma soirée, heureusement je n’ai plus ce problème aujourd’hui et je peux même rire de moi-même qui prenait le jeu vraiment trop au sérieux!
• Effacer sa partie au complet et recommencer à zéro lorsque l’on se rend compte que les décisions que nous avons prises ne concordent pas avec nos aspirations.
• Se fâcher facilement lorsqu’une situation se présente et change nos plans sans qu’il soit possible d’exercer un quelconque contrôle.
• Ne plus avoir de plaisir en jouant. Le jeu devient une forme de fardeau, une obligation et provoque une insatisfaction. Il donne également le sentiment de gaspiller son temps, mais d’être « forcé » de le faire pour ne pas rater la chose tant désirée.

 

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L’idéal si vous vous rendez compte que vous souffrez d’un Toc, c’est de prendre du recul par rapport à la situation, ce n’est qu’un jeu après tout! L’objectif c’est d’avoir du plaisir, si vous n’en avez pas, changez de jeu ou bien faite autre chose! Certains jeux peuvent facilement vous rendre accroc, mais n’hésitez pas à alterner avec d’autres, qui sait vous pourriez peut-être en découvrir un que vous aimerez encore plus! Également, essayez le plus possible de jouer avec des personnes qui ont le même genre de comportement que vous, ainsi vous ne serez pas incommodé par leur impatience ou empressement. Si toutefois, le Toc s’avère être dérangeant au point ou votre vie personnelle s’en trouve atteinte, pensez à consulter un spécialiste, car le Toc touche fort probablement tous les aspects de votre vie et pas seulement les jeux vidéo. Notez bien que le fait d’être passionné et d’aimer profiter d’un jeu au maximum en visitant tous ses petits coins cachés ne fait pas de vous quelqu’un qui souffre d’un Toc! C’est le cas seulement si vous en ressentez les effets négatifs! J’espère que cet article saura rendre les « gamers » qui prennent leur jeu un peu trop au sérieux avec un plus de légèreté!

Le masculin a été employé ici pour rendre l’écriture générale du texte plus simple et inclus le sexe féminin.


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