Psychonauts – Un vent de fraicheur dans le monde des plateformer 3D

Jean-Luc Augere Blogue, Critiques, Critiques Rétro, Critiques Rétro - Microsoft, Critiques Rétro - PC, Critiques Rétro - Playstation

Développé par Double Fine
Publié par Majesco le 19 avril 2005
Disponible sur PC, Linux, Mac, Xbox, Playstation 2, XBOX360 en 2007 (version dématérialisée), Linux en 2012 et Playstation 4 en 2016



Descriptif:

Psychonauts est un jeu de plateformes 3D intégrant des éléments de jeux d’aventure. Rien d’étonnant quand on connaît le directeur et écrivain en charge sur ce projet… Mr Tim Schafer mesdames et messieurs.

Pour ceux qui étaient en orbite dans les années 1990 ou encore à l’état de têtard, cette personne est responsable des plus fameux, drôles, incroyables… les mots me manquent… jeux d’aventure dans ces années-là. The secret of Monkey Island (1990), Day of the Tentacle (1993), Full Throttle (1995) et Grim Fandago (1998), pour ne citer qu’eux, sont les quelques titres où il a pu exercer ses talents.

Fort de ces succès, il claque la porte de LucasArts en 2000 pour fonder sa propre société avec quelques uns de ses collègues qui l’ont aidé sur Grim Fandago et aussi en raison d’un changement de politique chez LusasArts voulant abandonner le « Point’n Click » à l’aube du 21e siècle.

Double Fine Productions est donc créé et son premier titre ne sera autre que Psychonauts. Acclamé par la critique et récompensé par de nombreux prix, Psychonauts est une œuvre qui frappe par son originalité, tant par sa direction artistique que par ses dialogues bourrés d’humour et de philosophie (Il gagna d’ailleurs le prix du meilleur scénario en 2006).

Considéré comme un échec commercial lors de sa sortie, (il atteint péniblement les 300.000 unités écoulées en fin de carrière) il est depuis décembre 2015 une réussite avec 1.7 millions  de ventes qui viennent récompenser les 5 années de développement nécessaires à son éclosion et qui a poussé Double Fine à prévoir sa suite en cours de production à l’heure où j’écris ces lignes.

Histoire

Vous incarnez Razputin, un enfant naturellement pourvu de facultés psychiques exceptionnelles. Celui-ci, sentant ses dons rejetés par sa famille troubadour, décide de fuguer de chez lui pour se rendre dans  une « colonie de vacances » psychique située dans le parc du Roc qui murmure.

Sacha Nein et Milla Vodello les professeurs Psychonauts

Entraîné par des soldats de l’esprit, nommés officiellement par les services secrets « Les Psychonauts », vous devrez vous servir de votre talent et de vos capacités psychiques apprises au fur et à mesure de l’aventure pour sauver la colonie et même le monde de la menace du directeur et professeur le coach Oleander, ayant comme ambition diabolique de se fabriquer un char psychique grâce aux prélèvements des cerveaux des enfants. Oui rien de moins que ça au menu mes chers lecteurs :-).

Le Directeur Oleander et toute la troupe

Objectif

Principal:  Retrouver Lily et stopper Le chef du camp Morceau Oleander

Secondaire :  Retrouver les cerveaux de tout le monde

Structure

Ce jeu d’action / aventure / plateformes en 3D est réparti sur 9 niveaux prenant part dans l’esprit de certains individus du camp et d’un « HUB » central étant le camp lui-même.

Camp du Roc qui murmure

Cette expérience incroyable vous tiendra en haleine 9-14h. dépendamment de votre côté explorateur et de votre niveau de complétion.

Chaque niveau possède sa propre direction artistique et son Level Design résolument très différents les uns des autres sans que cela empiète sur la cohérence de l’ensemble. Bon, vu la thématique ce serait dur de s’égarer, et les gars de chez Double Fine se sont bien régalés… un délice pour les yeux et les oreilles. Franchement. on passe d’un champ de bataille à une piste de danse, d’un asile psychiatrique à des fonds sous-marins, d’un cirque aux rues tortueuses de la merveilleuse Pampelune avec son encierro légendaire. De quoi s’évader goulûment pendant les sessions de jeu.

Extrait de l’OST:

Dans l’esprit du fou se prenant pour Napoléon

Gameplay

Celui-ci est très riche, doté de moultes capacités psychiques, elles vous offrent plusieurs possibilités pour naviguer dans les niveaux architecturés de façon à être en harmonie avec le trouble psychique thématique. De petites associations d’objets par gestion d’un inventaire viendront ponctuer l’aventure dans la résolution de petites énigmes très faciles (on est loin de la complexité des Point’n Click de chez Lucas Arts).

Les différents pouvoirs de Raz.

Utilisation d’un objet pour se téléporter au boss d’un niveau

Tim Schafer réussi à nous balancer une belle brochette de personnages qui ont chacun leur personnalité, leur histoire et leurs blessures personnelles. En effet, chaque personnage du jeu possède un souvenir refoulé que l’on guérira, à la manière d’un psychanalyste, en explorant son esprit. En résulte des niveaux originaux bourrés d’ingéniosités pour accentuer l’utilisation de telle ou telles capacités en particuliers.

Dans l’esprit du peintre en peine d’amour

Dans l’esprit de la Psychonaut Milla Vodello

Le Level Design, mené d’une main de maître, fait ressortir le Gameplay associé aux différentes capacités. Une fois, on se retrouve en pleine bataille de Waterloo dans l’esprit d’un personnage se prenant pour Napoléon, une autre dans une ville très colorée située dans l’esprit d’un peintre en plein chagrin d’amour. Pour ramener la paix  dans ces esprits torturés et progresser vers notre but, Raz pourra planer dans les airs, utiliser la télékinésie, se rendre invisible, enflammer les objets et êtres vivants, etc.

Avis

Du fun, du fun et encore du fun, merci Tim Schafer et son équipe de Double Fine de nous avoir pondu ce joyaux. Tous les gamers dignes de ce nom doivent le découvrir. Un classique selon moi.

Malgrès sa décennie d’existence, ce jeu au graphismes enfantins reste encore très agréable visuellement et est certainement le titre le plus adulte auquel il m’ait été donné de jouer. Souvenirs refoulés, mort, inconscient, déchéance, remords, préjugés… rarement j’ai pu observer tous ces thèmes forts abordés de façon aussi subtile.

Un exemple ce cet subtilité: lorsque vous êtes à l’intérieur d’un esprit, vous vous faites attaquer constamment par des censeurs. Ces censeurs sont là pour empêcher les idées « néfastes » d’apparaître. Il représente en cela le réflexe du cerveau à censurer ce qui n’est pas acceptable par l’hôte. En philosophant et en extrapolant on pourrait dire qu’ils représentent le côté de la société qui tend à censurer ce qu’elle juge non acceptable (censure de la presse, d’Internet pour certains pays). Un jeu très intelligent je vous dit. Ceci n’est qu’un échantillon des idées et des éclairs de génie dont est parsemés ce titre . Et bien sur, patte Tim Schafer oblige, le scénario qui met en scène cette aventure mélange à merveille l’humour et l’intégration des éléments narratifs au sein du jeu (extrait narratif: »Lorsque les enfants du camp seront lobotomisés, il ne cesseront de dire « télé » comme des zombis. »)

Courrez-y, je vous dis, les ami(e)s.

 

 

Points positifs :

  • Bande sonore de  Peter McConnell exceptionnelle comme toujours
  • Direction artistique rafraîchissante
  • Level Design et doublage audio de qualité irréprochable

Points négatifs :

  • Aucuns


 

Psychonauts 2 arrive courant 2018, hi hi vivement.

Fun Fact : On peut débloquer le costume de Raz dans plusieurs œuvres du studio Double Fine : Iron Brigade (2012),

dans Brutal Legend (2009) on peut tailler son visage sur une falaise style les Monts Rushmore

et dans Alice : Madness Returns (2011) on peut croiser son squelette a la sortie d’une caverne,

il aime taper l’incruste ce Raz.


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