Critique – Teslagrad

Mario J. Ramos Critiques, Critiques Nouveau, Critiques Nouveau - Nintendo, Critiques Nouveau - PC 0 Comments

Teslagrad est un jeu de plateforme 2D développé par Rain Games. Il est sorti sur la plateforme Steam (Windows, Mac OS X, Linux) le 13 décembre 2013 et sur Wii U le 11 septembre 2014. J’ai joué sur Wii U pour cette critique.

 

 

Je me promenais dans le eShop de la Wii U quand soudainement mon attention a été captée par Teslagrad. C’est d’abord son style visuel qui m’a accroché. J’avais envie d’une expérience nouvelle et rafraîchissante. Après avoir regardé la bande-annonce, j’étais convaincu que c’est ce qu’offrait Teslagrad.

 

Tout en 2D, le jeu bénéficie d’une superbe direction artistique rendue en animation 2D traditionnelle. Heureusement, les développeurs ont su miser sur l’aspect visuel du jeu en transmettant toute l’information nécessaire au joueur purement visuellement. À part pour le menu, le titre et le générique de fin, il n’y a aucun texte dans le jeu. Et pourtant, c’est un jeu avec une histoire.

 

Tout commence alors qu’un homme, portant une cape bleu et un étrange sceptre sur le dos, transporte dans ses bras un jeune garçon, qu’il laisse à la porte d’une maison, aux soins d’une femme. L’ambiance et le décor nous donne l’impression d’être quelque part en Europe au 19e siècle, bien qu’il s’agisse clairement d’un endroit fictif.

 

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Les saisons passent, puis, soudainement, des soldats en rouge s’emparent de la ville. Nous jouons le petit garçon qui était dans les bras de l’homme au début. Sa mère (je présume), lui urge de s’enfuir à l’approche des soldats. Il s’ensuit une poursuite sur les toits de la ville jusqu’à ce qu’on se retrouve dans un étrange château. C’est là que le jeu commence réellement.

 

Tout est raconté uniquement visuellement, mais ce qui est surtout plaisant, c’est que les éléments de tutoriel ne recourent pas à du texte non plus et sont intégrés au décor. Au cours du jeu, on découvre également des mini pièces de théâtre de marionnettes qui nous révèlent peu à peu l’intrigante histoire de fond.

 

Au delà de son visuel, Teslagrad brille avant tout par la qualité de sa jouabilité. À la manière de Limbo, c’est un jeu dont les mécaniques reposent sur la résolution de puzzle plutôt que sur le combat d’ennemis. En fait, les seules réelles séquences de combat sont les cinq boss qui ponctuent le récit, et qui offrent un réel défi.

 

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Les mécaniques des puzzles sont construites sur le concept de l’attraction et la répulsion magnétique, où le positif et le négatif sont interprétés visuellement par les couleurs bleu et rouge. Au début, il faut élucider les puzzles en utilisant uniquement notre environnement. Puis, en progressant dans le jeu, on découvre certains objets qui nous permettent de manipuler notre environnement. D’abord, des gants qui changent la polarité de certains objets avec un coup de poing, puis des bottes qui permettent de se téléporter sur une courte distance, une cape avec laquelle on peut changer la polarité de notre personnage et finalement un sceptre avec lequel on peut changer la polarité de certains objets à distance… et désintégrer certains ennemis!

 

À la manière d’un Metroidvania, le jeu n’est pas linéaire. Il est possible de revenir sur nos pas et d’explorer le château à notre guise. En fait, il existe un certain nombre de rouleaux à collectionner qui contiennent des illustrations qui nous en disent encore plus sur l’univers de Teslagrad. Certains de ces rouleaux sont particulièrement difficiles ou impossibles à atteindre la première fois qu’on les croise; il faut donc y retourner ultérieurement après avoir débloqué certain pouvoirs. Bien que les explications minimalistes sont appréciées et font confiance à l’intelligence du joueur, j’aurais personnellement préféré connaître dès le début l’utilité et l’importance de ces rouleaux. À un certain point du jeu, on apprend qu’il faut en collecter un certain nombre pour pouvoir progresser, ce qui peut être frustrant pour un joueur qui les croyait optionnels.

 

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Teslagrad n’est pas un jeu facile. Les différentes pièces du château sont truffées de pièges qui tuent en un seul coup. Les pièges sont souvent disposés d’une façon qui les rend pratiquement impossible à éviter du premier coup. On meurt donc souvent et on apprend par essai et erreur. Cette impression que le joueur a d’être quasiment obligé de mourir pour comprendre un piège ou un puzzle… n’est pas nécessairement une erreur design, mais c’est une mécanique qui peut être très frustrante. Heureusement, la mort n’est pas très punitive: on dispose de vies infinies et on réapparaît toujours à l’entrée de la pièce dans laquelle on est mort.

 

Pour ce qui est de l’utilisation du Gamepad de la Wii U, on ne l’utilise que pour voir le plan du château ou pour jouer directement sur le petit écran.

 

Dans l’ensemble, Teslagrad est un jeu brillamment construit avec des puzzles originaux. Sa difficulté est capable de frustrer même les joueurs les plus expérimentés, mais le sentiment d’accomplissement n’en est que plus fort quand on élucide un puzzle particulièrement compliqué ou qu’on vainc un ennemi qui nous a tué des dizaines de fois. Le tout est accompagné d’une magnifique trame sonore qui rend moins laborieux le backtracking obligatoire.

 

À télécharger!


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