Thimbleweed Park – Une aventure twinpeakesque à la sauce scumm

Mario J. Ramos Blogue, Critiques, Critiques Nouveau, Critiques Nouveau - iOs/Android, Critiques Nouveau - Microsoft, Critiques Nouveau - Nintendo, Critiques Nouveau - PC, Critiques Nouveau - Playstation 0 Comments

Thimbleweed Park
Développé et publié par Terrible Toybox
Disponible sur Xbox One, Android, Nintendo Switch, Microsoft Windows, iOS, Linux, Macintosh
Joué sur Nintendo Switch
Classé T pour Adolescents

Thimbleweed Park  est un jeu d’aventure pointer et cliquer par Ron Gilbert, le créateur du moteur SCUMM qui fut utilisé pour pratiquement tous les classiques du genre chez Lucas Arts durant l’âge d’or des jeux d’aventure. On lui doit notamment la petite série des Monkey Island, ainsi que Maniac Mansion et Day of the Tentacle.

Si certains de ces jeux ont été remastérisé graphiquement au goût du jour dans les dernières années, Thimbleweed Park, ironiquement, saute à pieds joints dans le style graphique de l’époque et l’interface emblématique du moteur scumm, avec ses verbes d’actions et inventaire, est reproduite fidèlement.

La prémisse et l’ambiance n’est pas sans rappeler Twin Peaks, alors qu’un meurtre secoue le petit village de Thimbleweed Park, une communauté remplie de personnages les uns plus étranges que les autres, et attire deux agents du FBI, les agents Mulder et Scull– euh pardon, les agents Ray et Reyes. En découvrant Thimbleweed et ses habitants, et ses nombreuses machines « Tron » qui automatisent tout, des tâches les plus banales à la livraison de mandat d’arrêt, il devient apparent que quelque chose de plus sinistre se trame. Bien que le jeu contient énormément d’humour, l’ensemble est somme toute plus sérieux  que les efforts précédents de Ron Gilbert. L’inspiration de Twin Peaks est palpable.

Bien qu’un début du jeu, on ne puisse que contrôler les deux agents fédéraux, il y a trois autres personnages jouables qui se débarrent en progressant: Ransome, un clown qui sacre constamment, Delores, une jeune designer de jeu et le fantôme de Franklin, le père de Delores et dont la mort est tout aussi mystérieux que le meurtre qui lance l’aventure.

Les joueurs familiers avec le moteur SCUMM seront en terrain connu: avec le curseur on clique pour déplacer les personnages où l’on veut. Avec le même curseur on peut sélectionner un verbe pour interragir avec notre environnement et les objets dans l’inventaire. Il est également possible de combiner des objets, interragir avec l’environnement à l’aide d’objet dans notre inventaire, etc. Quand on discute avec un NPC (personnage non-jouable) ou un autre personnage jouable, les dialogues se présentent sous forme de choix de réponses.

Le jeu a été financé avec une campagne Kickstarter et on sent l’implication des fans: on y trouve une bibliothèque remplie de livres dont on peut lire une page ou deux et dont le contenu a été écrit par les sociofinanciers.

Les puzzles offrent un réel défi tout en étant logique, ce qui est la formule gagnante d’un jeu d’aventure réussi. Les personnages jouables peuvent s’échanger les items de leurs inventaires et peuvent également s’entraider pour élucider un puzzle. Par exemple, un personnage va distraire un NPC, permettant à l’autre de pouvoir prendre un item convoité et gardé par le NPC.

Le jeu ne nous prend pas par la main et avec cinq personnages jouables en simultané, la difficulté du jeu ne réside pas toujours dans les puzzles, mais plutôt de savoir quel est le prochain puzzle à élucider pour pouvoir progresser. Heureusement, le jeu offre un système d’indices diégétique; on peut utiliser n’importe quel téléphone dans le jeu avec n’importe quel personnage pour demander des indices sur les différents puzzles. Si les indices ne sont pas assez, on peut carrément obtenir la solution. C’est une excellente façon de se débloquer en minimisant le sentiment de culpabilité qu’on éprouve en utilisant des ressources hors-jeu.

Petit bémol: bien que les personnages aient chacun leur personnalité et réagissent différemment à certaines choses importantes, ils ont tous les même dialogues quand ils observent des lieux ou objets de moindre importance.

Bonus sur la Nintendo Switch: en plus d’être portable, on peut également utiliser l’écran tactile ou les contrôles traditionnels.

Thimbleweed Park est une lettre d’amour aux jeux d’aventure qui n’a pas peur des défauts de design de l’époque. Au contraire, les développeurs s’y complaisent avec plaisir; un plaisir qu’on ressent tout au long de l’aventure, même quand on chasse littéralement des pixels.

 

 

Points positifs:

+ Lettre d’amour aux jeux d’aventure classique

+ Plusieurs personnages jouables

+ Ambiance et histoire prenante

 

Points négatifs

– Même dialogues d’un personnage à l’autre dans certains cas

– Parfois difficile de savoir ce qu’il faut faire pour progresser


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